LANDES : UN TRIO DE PROJETS QUI FAIT GRAND DEBAT

à Castets ont plus ou moins pris la tournure de feuilletons à rebondissements. Pour ceux qui n’ont pas eu le temps de suivre, voici un petit résumé des derniers épisodes…

1 – Lac d’Hossegor : c’est reparti pour un tour…

En octobre dernier, nous expliquions que si le dossier du lac d’Hossegor faisait débat, c’était moins sur la nécessité de son désensablement que sur les modalités de celui-ci. L’opposition au projet préconisait un dragage limité à 50.000 m3 annuels et l’installation d’un piège à sable pour traiter le problème à la racine. La Sepanso pointait du doigt la contamination des sables et l’impact sur quelque 40 espèces animales.

Initialement programmés pour fin octobre, les travaux n’ont commencé qu’un mois plus tard, mais la Sepanso en a obtenu la suspension provisoire dès le 21 décembre, par ordonnance de référé du tribunal administratif de Pau. Le chantier a repris ce 21 janvier, cette fois dans la foulée d’un arrêté préfectoral tenant compte de la décision du juge, qui exigeait la mise en œuvre de prescriptions nouvelles « permettant d’assurer une utilisation des sédiments au rechargement des plages dans des conditions sanitaires réglementaires ».


En l’occurrence, lesdits sédiments devaient rejoindre la plage capbretonnaise du Santocha : ils seront plus strictement contrôlés et analysés avant déversement. Les nouvelles prescriptions appliquées par la MACS toucheraient aussi au suivi du parc d’huîtres et au renforcement des analyses bactériologiques de l’eau du lac.

Mercredi dernier, le tribunal de Pau a rejeté une nouvelle demande de suspension, mais parce que celle-ci n’était pas associée à une requête sur le fond. La Sepanso a déjà indiqué qu’elle préparait une demande en règle. Ce qui annonce de nouveaux rebondissements… Mais pour l’instant, le chantier continue.


2 – Golf de Tosse : vers des jurys citoyens…

Le projet du « golf resorts » de Tosse est l’un des plus beaux spécimens de « serpents de mer » qu’on peut croiser dans les Landes… Ce n’est pas encore Notre-Dame-des-Landes, mais on entend tout de même parler depuis 2014 de ce projet, estimé à 270 millions d’euros et portant sur près de 250 hectares. On ne sait pas encore quels partenaires privés investiront : l’appel à candidatures vient d’être prolongé.

L’an dernier, le débat avait rebondi avec l’organisation de la Ryder Cup en France, laquelle avait servi d’argument supplémentaire aux promoteurs du projet, qui mettaient en avant les potentielles retombées économiques d’un événement de cette nature à travers l’Hexagone. Des retombées trop hypothétiques, selon des associations comme celle des Amis de la Terre des Landes, qui dénonce au passage l’importance des frais d’études associés au projet. En novembre dernier, le CNPN (conseil national de la protection de la nature, organisme rattaché au ministère de l’écologie) avait rendu un avis défavorable.

Le désensablement du lac d’Hossegor, l’aménagement d’un golf à Tosse et le projet de vague artificielle par la gestion des eaux, de l’énergie et de l’impact du chantier. Mais le président du Conseil départemental, Xavier Fortinon, partisan du projet, pense que ces freins pourraient être levés, rappelant qu’un avis favorable a aussi été émis par la commission départementale de la préservation des espaces agricoles et forestiers (CDPENAF). Lors de ses derniers vœux, l’élu a annoncé la mise en place de jurys citoyens pour décider des suites à donner au projet.

 


3 – Vague artificielle de Castets : des points d’interrogation ?

C’est le dernier sujet qui « bourdonne » du côté des Landes. On en a beaucoup entendu parler au mois d’août dernier, lors de la présentation du projet par Wavelandes. Un projet soutenu par l’Eurosima et qui verra finalement le jour à Castets, alors qu’on avait surtout parlé jusque-là de « jardins à vagues » du côté de Vieux Boucau, Soustons, Saint-Geours, Lacanau ou encore Lit-et-Mixe.

Si dès la fin août, les Amis de la Terre et NouTous ont respectivement exprimé des réserves et une claire opposition, elles n’avaient plus fait de vagues jusqu’en décembre. Mais elles se sont alors réveillées en apprenant la vente du terrain castésien où sera bâti le complexe, autour d’un bassin de 26.000 m3 s’étendant sur 22.000 m2. Le coût total du projet est estimé à 40 millions d’euros.

L’opération, nous dit-on, doit permettre de créer environ 200 emplois, dont le tiers à l’année. Le permis de construire devait être déposé mi-décembre, non seulement pour ce premier bassin artificiel français mais aussi pour un « skate-park olympique ». Le chantier devait commencer en ce début d’année. L’installation repose sur un système de génération de vagues imaginé par la société Wavegarden. Le dispositif permettrait d’en générer 900 à l’heure.


Au même moment, un communiqué commun a été signé par les susdites associations, par la Sepanso et différents collectifs de surfeurs et de défense de l’environnement. Leurs interrogations portent sur le pompage et le traitement de l’eau, la question énergétique et même la viabilité d’un modèle économique reposant sur la venue de 180.000 personnes chaque année, dont 60.000 surfeurs. Les mêmes collectifs et associations ont lancé une pétition le 17 janvier, déjà approuvée par 3.000 signataires.

Pour autant, ce bassin devrait bel et bien être construit et servir dès 2020 de centre d’entraînement pour les surfeurs de la future équipe de France, en prélude aux JO de Tokyo. Avant une ouverture au public pour l’instant programmée fin 2020, début 2021.


Publié le 18/02/2019 17:07